Vendredi 23 novembre 2007
La trêve estivale va très vite faire oublier les plaies et les bosses consécutivement à la présidentielle perdue au PS et aucune leçon ne sera tirée à gauche sur les
raisons d’une ènième défaite.
A droite, une large majorité ne mesure pas encore vraiment les risques d’une « défaite relative » aux municipales toutes proches et qui sera perçue
comme salvatrice par des éléphants revigorés et par le peuple, aujourd’hui toujours acquis au programme présidentiel, comme un « sérieux avertissement » à un gouvernement courageux qui
aura dès lors demain beaucoup plus de mal à imposer les réformes dont le pays a tant besoin.
Voilà donc que se profile sans doute à nouveau -hélas- l’immobilisme national même s’il ne s’agit plus ici de cohabitation sclérosante mais bien d’une ouverture
réformatrice qu’on dira volontiers « avortée » bien qu’au fond toujours largement souhaitée par les français. Ces conditions mettront donc à nouveau en évidence ce retour «politicien»
aux petites lâchetés, aux querelles de boutiques, de chapelles, aux défenses de pré-carrés bref, aux attitudes détestables et néfastes pour la France
d’une république de responsables politiques de si peu de certitude.
Le Général De Gaulle disait à la veille de 1940 « Le coeur serré, je joue mon rôle dans une atroce mystification » mais l’homme d’Etat
savait que notre vieux peuple auquel l’expérience n’a point arraché ses vices redresse sans cesse la sève des espoirs nouveaux. Peuple fait pour l’exemple, l’entreprise, le sursaut après les
épreuves et dont le génie tour à tour, négligent ou terrible se reflète fidèlement au miroir de ses chefs.
Il me revient alors ces vers inspirés de Péguy :
« Vous les avez pétris de cette humble matière,
Ne vous étonnez pas qu’ils soient faibles et creux,
Vous les avez pétris de cette triste manière,
Ne soyez pas surpris qu’ils soient si peu glorieux »
Il revient donc aux français des villes tout comme aux français des champs de confirmer leur choix d’hier et de donner jusque dans le dernier des villages l’exemple
de la constance et de la volonté de réformer la France, de la moderniser, de lui redonner son rang international et sa
prospérité soutenu en cela par le pays tout entier. Il n’y a pas de « petites élections locales » il y a un pays et un peuple que l’on doit voir rassembler derrière son Président
puisque tel a été le choix populaire incontestable de l’élection suprême de Mai dernier. Aux hommes localement en charge à droite de cet ouvrage là de porter haut le drapeau du renouveau pour
éviter toute participation à ce qui serait une mystification.
Parce qu’à gauche surtout, bien plus qu’une défaite de conjoncture, le mal est très profond. Il faut le dire et le redire. La défaite est intellectuelle tout autant
que morale. Au PS on ne pense plus …, et il y a belle lurette qu’on n’a cessé de croire à ce qu’on raconte. Les « sociaux démocrates » version DSK battus il ne reste que la vieille
idéologie stalinienne relookée dans ces habits de « bobos ».
Le socialisme comme la Révolution au dire de Clemenceau ne formait qu’un bloc, voilà la vraie
mystification et, de Jaurès à Blum, réformistes d’apparences vraiment sincères, jusqu’à nos jours, il est encore d’actualité d’entendre proclamer que seules les méthodes sépareraient les
réalistes des maximalistes, bref, on croit voter PS pour une pensée politique, on vote en fait pour des arrières pensées …, le ventre de la mystification socialiste demeure toujours
fécond.
A titre d’exemple, les socialistes croient-ils encore oui ou non à la lutte des classes ? ou au pouvoir supérieur du prolétariat ? Peut m’importe leur
réponse, elle ne m’appartient pas.
Mais si l’on n’y croit plus vraiment au PS, qu’on en tire les conséquences et que l’on ne tente plus alors de gagner le jeu de la « partie électorale » au moyen d’une
logique que l’on sait sincèrement archi-fausse. Au-delà de cette mystification c’est aussi et avant tout du mépris de l’électeur dont il s’agit, plus gravement encore d’une véritable imposture
morale.
On doit habiter là où l’on milite et cet écart entre l’être et le paraître est devenu insupportable.
Il revient dès lors aux hommes et aux femmes de bonne volonté de dénoncer cet effondrement de la morale à gauche et il faut inlassablement en pensant à nos enfants
leur dire et leur redire : « Ne vous désespérez de la politique parce que vos pères vous ont menti » nous sommes nous, capables de vous accueillir, voilà notre devoir d’ouverture
et de vérité, c’est aussi notre devoir d’engagement à accomplir aujourd’hui comme hier tout comme demain.
Les futures élections municipales toutes proches dans ce qu’elles ont de proximité et de rapports interpersonnels nous fournissent les moyens de l’exemplarité en
politique et de la vérité au-delà de toute mystification d’où qu’elle vienne.
Engagements et convictions doivent être vraiment solides et entiers pour une France à rénover !
Pierre-jean DUVAL / Août 2007
Sur un constat de Jacques Julliard